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Des BRICS et des BROCS

BRICS est l’acronyme qui désigne les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine et Sud Afrique)
Jusque il y a peu, d’éminents économistes nous décrivaient ces pays comme des eldorados, des havres de tranquillité par ces temps de crise.
Comme souvent, ces éminents économistes se trompaient lourdement, pourquoi ?
Premièrement, la maladie des moutons de Panurge dont ils sont atteints les amène tout d’abord à se copier entre eux au lieu de réfléchir de manière personnelle, originale et pourquoi pas contrariante.
Deuxièmement, leur manière d’analyser se limite le plus souvent à prolonger sans fin le modèle et la courbe qu’ils observent.
Comme dirait Nassim Nicholas Taleb, ils ne savent pas prévoir les « cygnes noirs » ce qui est vrai. Dans le cas présent, on parlera plutôt de retournement de tendance que de « cygne noir ».
Ces pays qui composent les BRICS sont pour tous, sauf l’Inde et la Chine, de gros exportateurs de matières premières, ce qui leur assure une rente de situation. Les cas de la Chine et de l’Inde sont différents, ils assoient leur croissance élevée sur un coût de main d’œuvre des plus bas et sont devenus des centres mondiaux de productions industrielles et de services au détriment des balances commerciales des autres états dits développés mais surtout surendettés et en déclin (Japon depuis dix ans, l’U.E actuellement et les USA demain).
Les BRICS qui brillaient par leur croissance insolente sont à présent les victimes du ralentissement observé chez leurs clients dont les économies sont en déclin.
La Chine, économiquement le plus important pays BRICS, subit de plein fouet la baisse des commandes de ses principaux clients ce qui l’amène à devoir fermer des milliers d’usine laissant des millions de travailleurs sur le carreau. Le seuil de 7% de croissance, en dessous duquel il est considéré que le pays devient instable socialement est atteint. Dans le même temps, la corruption des barons locaux prospère et la bulle immobilière est toujours pendue, comme une épée de Damoclès, au dessus du bilan des banques chinoises. L’inflation est difficile à maîtriser et elle affecte directement les matières alimentaires ce qui rend la population nerveuse et instable. Dans un pays à parti unique, il n’y a pas d’opposition pour prendre la relève en cas d’expression massive d’un soulèvement populaire. Il ne faut pas oublier que si 20% des chinois descendent dans la rue, cela fait plus de 250 millions de personnes. Les forces de l’ordre risquent d’être rapidement dépassées, ce n’est plus 2.000 étudiants sur la place Tian’anmen sur lesquels on fait tirer l’armée, c’est bien autre chose. Que ce passera t-il ensuite ?
La Russie, autre grand pays démocratique, a montré que les russes sont occupés à découvrir le sens de l’opposition politique. Ajoutez à cela une corruption généralisée, à commencer par les plus hauts niveaux du pouvoir, et un pays qui ne survit que grâce à sa rente pétrole/gaz. Le Russie ne produit pas un seul produit, hormis la vodka, dont les principales marques ne sont pas russes et le caviar russe, aujourd’hui introuvable et impayable. Non, hormis des armes, la Russie ne produit rien et elle importe tout. Combien de temps cela peut-il encore durer ? Là non plus il n’y a pas d’opposition pour prendre la relève, alors, en cas de soulèvement populaire, qui et quoi ?
L’inde est un pays démocratique mais paralysé par les partis populistes, membres de la coalition au pouvoir, qui interdisent les réformes dont le pays à un besoin indispensable. Pour maintenir la paix sociale, les aliments de base, le carburant, etc. sont subventionnés ce qui alimente l’inflation et empêche la modernisation de l’économie.
Le Brésil est un pays d’avenir et les spéculateurs ne s’y trompent pas. Ils y investissement des sommes considérables qui ont pour effet de faire monter le réal brésilien contre les autres devises. Malgré la lutte contre l’inflation, son taux reste élevé et la banque centrale maintien des taux élevés pour garder l’épargne au pays. Les dirigeants brésiliens parlent de guerre des devises et ils ont raison d’autant qu’ils en sont l’une des premières victimes.
L’Afrique du Sud est un pays démocratique mais qui souffre toujours de la faiblesse de sa trop petite classe moyenne et de la richesse indécente d’une minorité blanche qui fait face à une majorité de noirs paupérisés malgré les efforts de Nelson Mandela. Ses successeurs ne montrent pas plus de réussite dans le développement d’une vraie classe moyenne sinon un vrai désintéressement jusqu’au jour où un mouvement noir révolutionnaire se lèvera contre des dirigeants noirs qui, comme les friandises du nom de « Bounty » sont noirs à l’extérieur mais blancs à l’intérieur.
En bref, tout n’est pas rose dans les pays BRICS. Ces pays ont leurs problèmes intrinsèques auxquels s’ajoutent les problèmes importés de la croissance anémiques de leurs clients. Les BRICS risquent de connaître, avec une forte acuité, les problèmes sociaux que nous observons déjà dans certains pays de l’U.E. et dans certains Etats des USA. La différence c’est que beaucoup de BRICS n’ont pas de partis qui peuvent représenter une alternative politique démocratique, avec tous les risques que cela comportent.
Si certains BRICS vont très mal, les conséquences rejailliront aussi sur nous : difficulté d’approvisionnement en matières premières, flux migratoires, etc.
Nous avons voulu un monde globalisé. Nous l’avons !
Roger Greden
27/04/2012

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