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Le Général Consensus a échoué

En janvier dernier, 80% des investisseurs professionnels se déclaraient optimistes ou très optimistes sur la hausse des actions en 2011.
Dans un article intitulé « Vive le Général Consensus », j’ai fait une analyse des forces et des faiblesses de ce consensus général et j’ai terminé mon article en citant, comme conseil, le titre d’un article paru le 11 janvier 2011 dans Les Echos : « En 2011, prends ton oseille et tire toi ».

Les marchés ont bien plongé en 2011

Les marchés ont bien plongé en 2011

Un an plus tard, on constate, que le Général Consensus, a été, comme souvent, un mauvais présage. Rien n’étant plus difficile à prévoir que le futur, il est doux de constater que l’analyse, opposée à la majorité, s’est vérifiée. Et elle s’est vérifiée : les marchés ont bien plongé en 2011 : Paris -17%, Madrid – 13,73%, Frankfurt -15%, Londres -5,5% et même les indices US sont faiblement dans le rouge : S.P. 500 -0,01%, et Nasdaq -1,8%.
L’or, recommandé le 22 janvier 2011, dans un article intitulé « Pourvu que la baisse du prix de l’or dure », a fait +14% au cours de l’année 2011, malgré une sévère consolidation au dernier trimestre.
Aujourd’hui, entre ceux qui déclarent que l’euro sera la première monnaie du monde dans 10 ans et ceux qui prévoient l’éclatement de l’euro en 2012, le moins que l’on puisse dire est que cette année nouvelle n’est pas née dans un consensus des prévisionnistes de tous bords.
Chaque année, il y a des évènements imprévus, totalement inattendus, les cygnes noirs comme les appelle Nassim Nicholas Taleb dans son célèbre ouvrage. En 2011, les cygnes noirs furent principalement les révoltes arabes, le tsunami suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, les inondations thaïlandaises qui ont bloqué la production de nombreux composants électroniques, etc.

Ces évènements exceptionnels qu’ils soient des catastrophes d’origine naturelle ou humaine ou des troubles sociaux, politiques ou encore des tensions géopolitiques ont rarement des effets positifs sur l’économie et les marchés. Ces évènements peuvent affecter les résultats positifs voire aggraver les résultats négatifs.
Ceci étant dit, examinons les éléments prévisibles en ce début d’année 2012.

Sur le plan social, le ‘manifestant’ élu « homme de l’année » par la magasine « Times » a beaucoup de chance d’être encore l’«homme de l’année» en 2012, et de se manifester dans d’autres pays.

Sur le plan des dettes, les Etats européens font de leur mieux pour sauter les épreuves les unes après les autres, 15 sommets en 2011. Combien en 2012 pour sauver un euro, agonissant économiquement mais sous perfusion politique des Etats de l’Euroland voire de l’ensemble de l’U.E. hors U.K ? Les élections présidentielles en 2012 en France, en Russie, aux USA et en 2013 en Italie, en Allemagne sont de nature à influencer la politique des dirigeants qui briguent un nouveau mandat. Les USA ne sont pas mieux lotis, même s’ils cachent leurs problèmes derrières les annonces des agences de notation s’attaquant aux notes des Etats européens. Un déficit budgétaire de 2.000 milliards de USD en 2012 et une obligation, dans une situation bloquée entre Congrès et Maison blanche, de rehausser le plafond de la dette fédérale autorisée. Ce n’est pas gagné d’avance.
Sur le pan économique, les pays développés entrent clairement dans une nouvelle phase de récession ou de croissance molle. Ce ne sont pas les politiques budgétaires sévères dans les pays de l’U.E qui vont relancer la croissance par la consommation. Ce ne sera pas plus les émissions de USD de la FED (Q3 ou 4 qui ne dit pas son nom), qui permettent au trésor de placer ses dettes, qui vont relancer la croissance aux USA. L’inflation peut être.

Si la récession s’installe, les entreprises vont voir leurs chiffres d’affaires baisser dans un contexte où les banques ne sont guère prêteuses. En conséquence, leurs profits vont diminuer. Dans un contexte instable au niveau des dettes, une baisse des profits des entreprises va immanquablement avoir un effet négatif sur le cours des entreprises et donc sur les marchés boursiers.
Seul rayon de soleil dans cette grisaille, cinq de plus importantes banques centrales du monde ont décidé d’unir leurs efforts pour faciliter la liquidité du marché et ce jusqu’en mars 2013.

Ce faisant, les banques centrales vont surtout aider les banques qui vont, en 2012, devoir affronter les nouvelles normes : Bâle III. Il se pourrait bien que certaines d’entre elles ne supportent pas cette cure d’austérité et réclament soit un sauvetage soit une reprise par une banque plus solide.

Quant à l’or, son cours risque d’être chahuté mais tant que les investisseurs ne verront pas une lueur au fond du tunnel, le cours de l’or sera fondamentalement à la hausse. Le prix de l’or est le thermomètre de la peur des investisseurs et le baromètre de l’économie. Lorsqu’il sera à nouveau fondamentalement à la baisse, les nuages gris et noir seront prêts à disparaître. Ce n’est pas demain. Roger Greden 11/01/2012

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