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Notations, nominations, élections, une nouvelle année pas très « 12 »

Les agences de notation, malgré le sérieux que requière leur fonction d’évaluateurs de risques pour les agents économiques, nous ont habitués à leurs nombreuses erreurs. C’est après coup qu’elles ont compris les risques du fonds LTCM (faillite) du comté d’Orange (faillite), d’ENRON (faillite) de Lehman Brothers (faillite), Tyco, Worlcom (faillites) et combien d’autres. Malgré la présence de DAGONG, agence chinoise peu connue et sous tutelle, les agences influentes sont au nombre de trois, toutes étasuniennes (même si le capital de FITCH est détenue en majorité par un investisseur européen).

Notations 2012

Notations 2012

Jusqu’en octobre 2008, les agences de notation ont attribué, sans modération mais avec conflit d’intérêts, des notes AAA aux produits de titrisation sur créances immobilières (subprimes) émis par les banques étasuniennes. Grâce à ces excellentes notes, les banques européennes garnirent leurs bilans de ces produits rentables mais aux risques énormes qui allaient conduire à la nécessité pour les Etats européens de sauver leurs banques en augmentant leurs dettes souveraines. La responsabilité des agences de notation dans l’origine des crises actuelles est importante.

En 2009, le jury a attribué le prix Nobel de la paix au seul chef d’Etat de la planète engagé dans deux guerres d’agression et responsable d’un camp, pour islamistes présumés, au sud de Cuba.
Depuis 2010, pour redorer leur blason mité, les trois grandes agences de notation ont entamé une compétition hebdomadaire d’abaissement des notes des dettes de nombreux pays, sans que ces modifications de notes soient toujours cohérentes ou justifiées. Un point commun, elles ne visent pas les USA ni leurs ‘amis’ proches (UK. Japon). Leurs publications interviennent parfois avec un calendrier curieusement proche du calendrier politique de l’U.E. Pur Hasard favorable au dollar US !
La Grèce a été l’objet de leurs attentions à de nombreuses reprises, puis ce fut le tour de l’Irlande, de l’Islande, du Portugal, de l’Italie et de l’Espagne. Depuis peu, même les pays les plus solides de l’Euroland et le fonds de soutient lui-même sont menacés de leurs foudres. Encore le hasard !

Les USA, malgré un déficit budgétaire abyssal (1.300 milliards de USD en 2011) et une dette fédérale impossible a rembourser (98% du PIB) deux des trois grandes agences de notation US maintiennent la meilleure note à la dette de leur pays. Seule Standard & Poors a osé dégrader de AAA+ à AA+ la note de la dette US. Ce faisant, elle a dû reconnaître avoir comptabilisé deux fois un montant de 2.000 milliards $ de déficit US. Heureusement, aux USA on est plus à ça près. C’est d’ailleurs par un pur hasard que Deven Sharma, son président, a démissionné deux semaines plus tard.
En France, tandis que Madame Strauss Kahn est élue ‘femme de l’année’ (bien que d’autres pensent que Nafissatou Dialo a rendu un bien plus grand service à la France), la note de la dette a déjà été bien malmenée en 2011 notamment lorsque S&P, encore elle, a laissé échapper une information sur la dégradation de la note de la dette française avant de présenter ses excuses pour cette nouvelle erreur. Plus récemment, lorsque la note de la dette française a été menacée de mise sous surveillance négative, le premier ministre François Fillon s’est époumoné à hurler que les finances du Royaume Unis étaient en plus mauvais état que celles de la France. Par un nouvel hasard, une semaine plus tard, la note du Royaume de sa Gracieuse Majesté a été mise sous surveillance négative. Cet exemple montre tout le sérieux des critères de notation, l’indépendance et la puissance de calcul de ces agences qui s’en sont prises aussi aux ratings des banques, principalement européennes. Ce faisant, elles n’ont pas tort mais pourquoi se limiter aux banques de l’U.E. quand les banques américaines sont encore plus mal loties et évitons de parler des banques chinoises qui croulent sous les créances douteuses des provinces, villes et communautés locales (soit 22% du PIB de la Chine).
Pour l’observateur intéressé, toutes ses nominations et notations manquent souvent sinon de sérieux du moins de transparence.
Nous avons vu que, faute d’autres nouvelles, les marchés ont souvent évolué de manière erratique en se basant sur ces notations. Les marchés ont eu raison de politiciens de premier plan (Papandreou, Berlusconi) et influencé les résultats d’élections générales (Irlande, Portugal, Espagne). Après 534 jours de palabres pour former un gouvernement, S & P a dégradé la dette belge. Le lendemain, la Belgique avait son gouvernement. Après 535 jours, on dit merci à qui ?
N’en doutons pas 2012 verra encore régulièrement les marchés grimper aux rideaux sur une bonne statistique, rectifiée dans l’indifférence le mois suivant, ou tomber dans l’abîme sur une rumeur de dégradation de la note de la dette d’un pays. Il se pourrait aussi que de nombreux investisseurs se lassent de ces ‘appels au loup’ et finissent par leur accorder le peu d’intérêt qu’ils méritent.
Les notations et nominations nous ayant plus d’une fois fait sourire récemment, essayons d’entamer cet an neuf avec le sourire en imaginant quelques notations et nominations pour 2012.
– Prix Nobel de médecine au Docteur Servier pour son rôle de médiateur avec l’AFSSAPS
– La note PPP du Vatican mise sous surveillance négative
– Dégradation de la reprise mondiale en V ou W voire en N ou en M, au choix
– Amélioration du rating du Zimbabwe, par comparaison avec la politique de la FED
– Lloyd Blankfein (Président de Goldman Sachs) reçoit le ‘Gerard’ du financier éthique
– Raul Castro et Ben Bernanke se voient attribués conjointement le prix Nobel d’économie
– Dégradation de la notation de la Corée du nord pour cause de dictateur inexpérimenté
– L’Oscar du scénario d’épouvante à TEPCO, propriétaire de la centrale de Fukushima
– France et Hollande voient leurs ratings passer de ‘stable’ à ‘perspective positive’
– Obama élu «homme du passé» le 06 novembre 2012
– Dégradation de l’affection des clients pour leur banque et inversement
– Le titre d’«homme de l’année 2011» attribué au «Manifestant» lui réattribué en 2012
– Amélioration de la note de progression de l’islamisme en Afrique du nord et au moyen orient
– Dégradation des miracles économiques allemand et chinois
– Prix Nobel de physique (nucléaire) attribué au Président Mahmoud Ahmadinejad
– Dégradation de la note de la dette syrienne pour cause de grèves à répétition
– Mise sous perspective très négative de la Marine à voile au F.N.
Dans un contexte troublé, instable et dramatique pour ceux qui luttent pour leur liberté, il faut pouvoir, face à toutes les incertitudes présentes au seuil de 2012, garder le sens de l’humour. Souhaitons que les crises financières, économiques, sociales et politiques qui se conjuguent nous poussent vers un monde où, le dialogue, la fraternité et les valeurs humaines prônées par les grandes philosophies retrouvent leur juste place.
Bonne année 2012
Roger Greden
28/12/2011

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