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Dieux de l’Olympe, politiques, traders, et Berlusconi

no moneyLa Grèce est, dit-on, le berceau de la démocratie. Existe-t-il plus belle expression de la démocratie que le referendum populaire ?
Au cours des décennies passées, la Grèce, comme la plupart des pays occidentaux a construit la prospérité de sa population sur l’état providence basé sur l’endettement de l’état.
A la différence d’autres états européens, les dirigeants grecs de tous bords, qui se sont succédés au pouvoir, ont négligé le montant de la dette nationale puis l’ont maquillé derrière des statistiques truquées (pléonasme grec) et enfin l’ont dissimulé grâce au savoir faire des spécialistes de Goldman Sachs.
Les fonctionnaires européens chargés de l’analyse stricte des comptes des états candidats à l’entrée dans l’euro ont estimé que la Grèce satisfaisait aux critères d’éligibilité pour entrer dans la zone euro.
Grâce à l’euro, la Grèce a pu s’endetter à bon marché et de plus en plus pour combler son déficit budgétaire abyssal et récurrent.
La crise des subprimes en 2008 a réveillé les agences de notation étasuniennes qui s’étaient montrées, sinon complices, au moins d’une négligence grave. Pour retrouver un peu de leur crédibilité perdue et, qui sait, aussi pour attirer l’attention sur l’arbre eurolandais qui cache la forêt étasunienne (48 états en faillite sur 50, 7,6 millions de familles expulsées de leur maison, plus de 30 millions d’étasuniens qui survivent grâce aux bons alimentaires, etc.) ces agences se sont déchainées sur les notes des pays PIIGS (I pour Irlande et I pour Italie).
Dans ce jeu meurtrier, la Grèce, avec ses 350 milliards de dettes s’est rapidement distinguée tandis que l’Islande (hors U.E.) sombrait dans un panache de fumée volcanique, que l’Irlande secourue montrait une attitude responsable et que les nouveaux dirigeants du Portugal, lui aussi secouru, se montraient bons élèves.
Depuis le début de ce qui est appelé ‘la crise Grecque’, il est évident, malgré les dénégations des dirigeants politiques de l’U.E., que la Grèce est et sera incapable de rembourser une telle dette.
Un Homme d’état a en tête le bien de la prochaine génération, un homme politique a en tête la réussite de sa prochaine élection et il faut gagner du temps. Encore un peu de temps, toujours plus de temps, encore quelques mois (élections 2012 : USA, France, Allemagne, Italie, Espagne, Russie, etc.)
Qu’advienne que pourra après les élections mais jusque là, tout sera fait pour maintenir la situation sous contrôle, quel qu’en soit le prix à payer ultérieurement.
Les électeurs, dont la plupart ne comprend rien à ces techniques financières complexes, sentent bien que tout cela va mal finir pour eux. Ils pourraient bien ne pas renouveler le mandat de tous les dirigeants actuels qui se présenteront en 2012 (hormis Vladimir Putin). Le temps gagné n’aura servi à rien mais aura couté beaucoup aux contribuables.
Si les dirigeants politiques négocient du temps ils ont face à eux des traders et des spéculateurs impatients qui réclament des profits rapides et des bonus mirifiques. La fin de l’année approche et il est temps de changer la Ferrari, le cendrier est plein.
Sur cette scène internationale, les dirigeants politiques ont négocié du temps, au prix fort, et les spéculateurs et les traders (hormis MF Global, très gros courtier de Wall Street qui vient de se déclarer en faillite) se sont félicités de ces efforts qui leurs permettent toujours de s’engraisser à court, voire très court, terme).
Dans cet accord la Grèce se voit libérée de 50% de sa dette détenue par les banques ‘sur une base volontaire’ ce qui leur évite de payer les indemnités relatives aux CDS qu’elles ont émis.
En contrepartie, les autorités grecques seront soumises, on ne peut que s’en féliciter, à un contrôle budgétaire plus strict par les fonctionnaires de l’U.E (espérons que ce ne soient pas les mêmes qui ont jugé que la Grèce remplissait les conditions d’adhésion à l’euro !).
Tout était donc temporairement ‘under control’ dans ce monde économique actuel qui court comme une poule sans tête. Politiques contents, spéculateurs contents, que demander de plus à la veille d’un G20 organisé sur la croisette. Le tapis rouge était déjà en place, les altermondialistes tenus à bonne distance, il ne restait plus aux vedettes de la politique qu’à monter les marches drapés dans la modestie qu’on leur connait.
Tout était bien programmé jusqu’à ce que M Georges Papandréou, le premier ministre grec, déclare vouloir soumettre l’accord de la semaine dernière à un référendum populaire après janvier 2012.
Référendum !, après janvier 2012 !, vous imaginez donner la parole à un peuple enragé des mesures d’austérité croissante qu’on lui fait avaler depuis plus d’un an et en plus après janvier 2012 quand les traders et spéculateurs jouent à la microseconde. Une éternité.
Aussitôt, les marchés ont perdu quatre à cinq pourcent dans les séances qui ont suivi et les valeurs bancaires ont vu leurs cours baisser de pourcentages à deux chiffres au cours des mêmes séances.
Seuls les Dieux de l’Olympe comprennent, on l’espère, les motivations de Mr Papandréou. Une chose est sûre, nos dirigeants de l’euroland n’ont pas les mêmes relations avec ces Dieux grecs.
Par contre, les traders et les spéculateurs après avoir expérimenté les Dieux de l’Olympe, semblent s’intéresser de près aux Dieux romains.
Heureusement pour défendre le temple de Rome il y a Berlusconi et ses nombreuses grandes prêtresses !
Sic transit gloria mundi
(Ainsi passe la gloire du monde)
Roger Greden
02/11/2011

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