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Lagarde seule en tête, Merkel en tête du peloton, Pariso dans la voiture balais

Lorsque Christine Lagarde, récemment promue à la tête du FMI a déclaré, en septembre, « il est grand temps de recapitaliser les banques européennes » ses propos ont soulevé un tollé de réactions négatives en Europe.
Le directeur de la banque centrale de France suivi des politiciens français et européens tous dépassés par Laurence Pariso, ont assuré que les banques européennes n’avaient nul besoin de recapitalisation, qu’elles étaient très solides, particulièrement les banques françaises.
Madame Lagarde s’est ainsi fait vertement contredire, pour rester poli.

Début octobre, DEXIA, en très grande difficulté, nécessite une intervention urgente et musclée des gouvernements français et belges.

Rappelons au passage que DEXIA avait brillamment réussi les ‘stress tests’ au premier semestre 2011. A l’époque, nous avions souligné toute la pertinence de ces tests et rappelé que le ratio dettes/capital de DEXIA était de 42 contre 24 à LEHMAN BROTHERS au moment de sa faillite en 2008.

Ce 05 octobre, la Chancelière Merkel a déclaré « qu’elle était favorable à une recapitalisation des banques européennes qui le nécessite’.

Du côté du MEDEF, rien, Madame Pariso doit être en congé.

Quels enseignements tirer de ces faits ?

Premièrement que tous ceux qui se sont moqués des ‘stress tests’ avaient raison. Ces ‘stress tests’ ne ‘stressaient’ rien de sérieux et un test d’autoévaluation n’a de valeur que si l’intéressé le réalise en toute honnêteté. En conclusion, on ne peut pas faire confiance aux ‘stress tests’ des banques.

Deuxièmement que nos dirigeants politiques et leurs affidés sont soit des menteurs, ils connaissent la situation mais nous disent le contraire, soit des incompétents.
Conclusion : dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas rassurant. Nous ne pouvons plus faire confiance soit dans la compétence soit dans l’honnêteté de nos dirigeants politiques.

Troisièmement, Madame Pariso est un excellent indicateur à contrario. A savoir, un indicateur qui, comme certaines personnes de votre entourage, lorsqu’elles vous disent de tourner à droite vous êtes certain que la bonne direction est à gauche.
Conclusion : on ne peut pas lui faire confiance, si ce n’est à contrario.

Quatrièmement, les banques européennes sont quasiment toutes en sursis du fait de leur exposition aux dettes souveraines. Madame Merkel, à la suite de Madame Lagarde, l’a implicitement reconnu lorsqu’elle a déclaré être favorable à une recapitalisation des banques qui le nécessitent. A savoir, quasiment toutes, sans oublier les compagnies d’assurance et que dire des fonds de pension ! On a raison de ne plus faire une confiance aveugle aux institutionnels.

La conclusion de cette analyse est dramatique, on ne peut faire confiance à personne en ce qui concerne notre épargne. Ceci est d’une gravité extrême car la confiance est l’élément fondamental d’une relation entre un client et sa banque.

Le dramatique de cette situation réside dans le fait que l’épargnant normal a entendu les propos de Madame Lagarde, il a entendu toutes les dénégations qui ont suivi, il a suivi le sauvetage de DEXIA 15 jours plus tard. Sans tout comprendre, il a peur et surtout il a de moins en moins confiance dans le système. Or le système est basé sur la confiance.

Dans ce climat d’incertitude, il est sage de rappeler que les titres (actions, obligations) déposés dans une banque mais émis par des sociétés tierce à la banque ne sont pas comptabilisés dans le bilan de la banque et que ceci a pour effet qu’en cas de faillite de la banque, ces titres appartiennent au client et n’entrent pas dans la faillite de la banque (dépositaire). Il en va de même des valeurs déposées en coffre à la banque.
Rappelons enfin qu’il existe un fonds de garantie qui offre une garantie de 100.000€ par compte et par client au sein d’une même banque.
Pour être complet on peut s’interroger sur la capacité de ce fonds à indemniser les déposants de très grandes banques si plusieurs d’entre elles y faisait appel en même temps. Dans ce cas, pour préserver la paix sociale, l’Etat se verrait certainement obligé d’agir.

Il reste encore bien des questions sans réponse :

Madame Merkel soutient une recapitalisation des banques mais qui va avoir assez confiance dans ces établissements pour souscrire des actions qui vont diluer les actionnaires actuels (les bénéfices seront répartis sur un plus grand nombre d’actions) ?

La France, quelle que soit la solution retenue, va devoir mettre au pot et garantir des dizaines de milliards d’euro pour le sauvetage de DEXIA. Comment les agences de notation vont-elles analyser ce nouvel effort financier de la France ? Quel sera l’impact de leur analyse sur le sacro-saint AAA de la dette française ?

L’Italie vient de voir la note de sa dette souveraine dégradée de trois crans par MOODY’S. Combien de temps l’Italie, dirigée par un Berlusconi plus intéressé par les procès de ses frasques sexuelles que par l’amélioration de l’économie nationale, peut elle continuer à emprunter normalement sur le marché ? Quel sera l’impact du désastre italien annoncé sur les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension français, plus grands détenteurs étrangers de la dette souveraine italienne ?

Arrêtons ici les questions, il y en a en bien d’autres qui nous indiquent que notre vigilance d’épargnant doit être particulièrement aiguisée ces temps ci.

A ce stade, rappelons ce vieux principe de grand-mère, particulièrement d’actualité : « on ne met pas tous ces œufs dans le même panier ».

Terminons par l’attribution du maillot blanc de la clairvoyance et de l’honnêteté à Christine Lagarde, du maillot caméléon à Angéla Merkel et observons l’abandon, sur chute brutale, de Laurence Pariso, assise dans la voiture balais.

Roger Greden
07/10/2011

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