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Et si nos politiques faisaient l’économie du mensonge !

L’Irlande, la Portugal, la Grèce, tous ces pays allaient bien, aux dires de leurs dirigeants et des leaders européens, jusqu’à ce que …. l’aide indispensable soit tardivement sollicitée.
Ces trois petits pays de la zone euro, plus la Lituanie et la Hongrie, hors zone euro, se déclaraient en pleine santé jusqu’à ce que « patatra » ils appellent en urgence ‘au secours’ l’U.E et le FMI.
Aujourd’hui, c’est au tour de l’Italie (3e économie de la zone euro), de l’Espagne et bientôt du Royaume Unis, hors zone euro, qui se déclarent en pleine santé, à bientôt demander l’aide de l’U.E et ou du FMI.
Il est évident que l’appel à l’aide de ces 3 pays importants va poser d’autres problèmes que le sauvetage des micro-Etats ayant appelés ‘au secours’ jusqu’à présent.
Nos leaders européens, pour sauver ces pays en difficulté leur ont accordé plus de dettes pour résoudre leurs problèmes d’accroissement de dettes lié à leur déficit budgétaire chronique. Problème : Comment peut-on aider quelqu’un qui a trop de dettes en lui accordant plus de dettes ? Solution : en les obligeant à des restrictions budgétaires drastiques qui vont réduire leur croissance et donc leurs revenus fiscaux. Au final, résultat nul sur le déficit budgétaire mais appauvrissement et colère des populations.
Question : Quel est le but de ce jeu qui pénalise ces malheureux pays et surtout leurs populations ? Réponse : A sauver les institutionnels européens !
Vous ne comprenez pas ? Grâce à l’euro, des pays indisciplinés sur le plan budgétaire (PIIGS) ont pu emprunter à des taux bas, au-delà de leurs capacités de remboursement, surpayer leurs fonctionnaires, électeurs zélés, et donner une illusion de prospérité. Aujourd’hui, les marchés se rendent compte que ces pays ne pourront pas rembourser et leur font payer au ‘taux fort’ les risques de défaut de paiement.
Qui sont les principaux détenteurs de ces emprunts d’Etats surendettés ? Les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension européens (institutionnels).
Donc, si demain, le Grèce ou l’Irlande, ou le Portugal font faillite, ce sont les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension Allemands, Français, Luxembourgeois, anglais, etc. qui vont payer la note.
Or les stress tests, qui ont pour but de mesurer la capacité des banques à résister à un nouveau séisme se sont bien gardés d’intégrer dans leurs modèles une restructuration de dettes d’Etats européens souverains. Pourquoi ? Parque 90% des banques européennes ne passeraient pas un tel test et seraient directement ‘en faillite’.
Le sauvetage des pays ‘faibles’ de l’U.E. n’a pas pour unique but de ‘sauver ces pauvres pays du défaut de paiement’ mais surtout de ‘sauver les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension’ des ‘pays sauveteurs’ (Allemagne, France, Pays Bas, Luxembourg, etc.).
Si nul être sensé ne peut croire un seul instant que la Grèce remboursera ses dettes, idem pour l’Irlande et d’autres, alors pourquoi jouer aux « pompiers » désespérés et inutiles ?
La réponse est complexe. Il est clair que cette situation de sauvetages (inutiles) à répétition n’est pas éternelle mais qu’est ce que ces dispositions permettent de gagner ? Du temps. Certes, mais pourquoi faire ? En 2012, il y plusieurs élections importantes (US, Allemagne, France, etc..) qui vont lieu et qu’il sera plus facile à des dirigeants nouvellement élus de faire avaler la pilule amère qu’à des dirigeants en attente d’élection.
Pour l’U.E., il s’agit aussi d’essayer de sauver l’euro, seul vrai symbole européen avec le traité de Schengen (déjà battu en brèche dans les pays scandinaves et en France). N’oublions pas non plus que l’Allemagne, grâce à une euro faible (dû aux pays faibles de la zone euro) profite de cette situation de faiblesse monétaire pour accroitre ses exportations alors que si l’euro était abandonné, le retour au Deutsch mark aurait pour effet de faire flamber cette devise ce qui aurait un effet dévastateur immédiat sur la compétitivité des exportations allemandes. Il suffit de regarder l’évolution du franc suisse contre l’euro et le USD.
Bref, la situation est bien moins simple qu’il n’y parait de prime abord.
Que peut-t-il se passer ? Rien n’est plus compliqué à prévoir que le futur, disait le sage. La chute d’un ou plusieurs grand pays va mettre les responsables européens ‘désunis’ face à la dure réalité de la nécessité d’une restructuration de la dette de nombreux pays européens. Les marchés vont s’alarmer et les cours des obligations de ces Etats surendettés vont s’effondrer (voyez déjà le cours des obligations grecques). Tôt ou tard cette situation va se marquer dans les bilans des banques, compagnies d’assurance et fonds de pension européens. Les Etats européens n’auront alors d’autre recours que de nationaliser ces organismes (l’Allemagne a déjà nationalisé une banque hypothécaire entièrement et la Commerzbank partiellement). Qu’adviendra-t-il de l’euro à ce moment ? Nul ne peut être sûr qu’il survivra.
Les chinois détiennent beaucoup d’actifs en euros, c’est leur deuxième monnaie de réserve. Ils n’apprécieraient guère l’abandon de cette devise et font tout pour son maintien mais est-ce un argument suffisant ?
Il serait faux de croire que l’U.E. est le seul pays concerné, les USA sont au bord du défaut de paiement (un compromis politique sera, très probablement, trouvé, au dernier moment, pour relever le plafond d’endettement de l’Etat fédéral). Les USA ne pourront supporter une hausse des taux sur un niveau de dettes aussi élevé et cette hausse interviendra un jour ou l’autre, dans un mois, dans un an ou dans 5 ans mais elle interviendra.
Pour l’instant, nos dirigeants Européens ne nous parlent pas de la fragilité de nos banques européennes. Ils se contentent de ‘gagner du temps ‘ en accroissant le problème de la dette et en paupérisant les populations des pays concernés. Et s’ils faisaient l’économie du mensonge et nous disaient la vérité sur l’état de l’économie de l’U.E. dans lequel nous ont plongés des politiques démagogues et des banquiers avides. Nos démocraties ne peuvent elles entendre la vérité ?
Roger Greden 12/07/2011

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