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Quand l’argent ne fait plus le bonheur !

C’est ce que doivent se dire HSBC, JP MORGAN et quelques autres banques anglo-saxonnes qui interviennent massivement à Londres et à New York sur le marché de l’argent métal.
Pour différentes raisons, le métal argent a souvent attiré les manipulateurs. Souvent mal leur en a pris, comme nous allons le constater.
Au cours des quarante dernières années, nous pouvons au moins recenser trois manipulations gigantesques du cours de l’argent métal.
Début 1979, l’argent métal cotait 5$ pour en coter 10 fois plus en fin d’année. Nombre d’analystes en perdaient leur latin ou leur hébreu. Peu de temps plus tard, on découvrit que les frères Hunt associés à de riches investisseurs de pays pétroliers avaient acquis près de 200 millions d’onces d’argent, soit environ la moitié de la demande mondiale.
La FED affaiblit justement sa politique monétaire, grâce à une baisse de l’inflation. Les Hunt et leurs fortunés associés restèrent avec leur métal argent sur les bras lorsque la bulle éclata.
En plus d’y laisser une bonne partie de leur fortune, ils furent condamnés pour avoir manipulé le marché. Leurs associés d’infortune jurèrent, mais un peu tard, qu’on ne les y prendrait plus.
En 1998, c’est un mystérieux investisseur qui achète des quantités d’argent métal au point de faire bondir le prix de 50%. La SEC, échaudée par l’affaire Hunt, exigea de connaître l’acheteur anonyme. Warren Buffet se déclara mais ne fut pas poursuivi car ses intentions n’étaient pas spéculatives.
Dès 2008, des rumeurs circulèrent dans le marché que les banques HSBC et JP MORGAN détiendraient d’énormes positions à découvert, via des produits dérivés. Une technique visant à faire baisser les prix. Entre le printemps et l’automne 2008, le cours de l’argent passa de 20$ à 10$.
En 2009, alors que, selon la Banque des Règlements internationaux, ces produits dérivés représentaient 45 fois la production minière, les dirigeants chinois ont qualifié ces produits dérivés sur l’argent métal de frauduleux et les banques émettrice d’escrocs.
En 2010, Eric Nalven, un trader, a dénoncé à la justice de New York des manipulations effectuées par deux grandes banques de la place. En début d’année, Andrew McGuire, ancien collaborateur de Goldman Sachs à Londres, avait déjà expliqué ces manipulations à la CFTC, organe américain de contrôle des matières premières. Trois procès ont été lancés contre les banques incriminées.
A qui cela profite t-il ?
D’abord aux banques qui manipulent le marché et ensuite aux politiques qui cherchent à cacher certains effets pervers de leur politique de quantitative easing.
Qui sont les perdants ?
Parmi les perdants nous trouvons, comme toujours, les petits spéculateurs naïfs mais surtout les grands producteurs d’argent mondiaux parmi lesquels, oh surprise, le plus important est la Chine.
Récemment les Chinois, toujours souriants, ont cessé de rire et viennent d’interdire l’export d’argent métal au même moment où ils invitent leurs habitants à y investir (débouchés internes).
Cette décision est une bombe atomique sur les spéculateurs à découvert qui vont devoir livrer le métal correspondant à leurs positions à découvert (une option de vente est un droit d’acheter pour la contrepartie, à prix fixé).
Ce sont 4.800 tonnes d’argent métal qui vont manquer sur le marché mondial, soit le tiers de la consommation industrielle en 2008 ou près de 20% de la demande mondiale. Ceci, juste au moment où les banques impliquées vont devoir livrer, donc acheter sur le marché mondial, mais à quel prix ? La différence entre le prix d’exercice de l’option et le prix d’achat physique sur le marché actuel représente la perte des banques impliquées.
Il existe un marché de l’argent métal à Hong Kong mais il est aujourd’hui trop étroit par rapport à ceux de Londres et New York. De ce fait, il voit ses cotations s’ajuster sur celle des deux grands marchés anglo-saxons.
Les Chinois ayant fini de rire, leur premier objectif : faire boire la tasse aux banques impliquées, si elles survivent, est atteint. Leur prochain objectif pourrait bien être de fermer le marché de l’argent métal à Londres, voir à New York pour développer la cotation à Hong Kong.
Si tel est leur objectif, n’en doutons pas, ils ont les moyens d’y arriver !
Roger Greden

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