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C’est bientôt la fête aux Hellènes

L’heure de vérité approcherait-elle des côtes grecques ?
Deux courants s’affrontent pour influencer le sort de la dette grecque. D’un côté, les marchés, toujours plus inquiets et donc toujours plus exigeants en terme de rendement auxquels s’ajoutent les agences de notation qui viennent, comme les hyènes s’attaquent aux animaux blessés à mort, d’abaisser la note grecque de trois crans en une fois (Moody’s), du jamais vu.
De l’autre côté, les partenaires européens de la zone euro qui, malgré leurs divergences de vues et leurs chacun pour soi, viennent de mettre en place un fonds de solidarité suffisant pour sauver la Grèce mais insuffisant pour sauver tous les autres malades de la zone euro et il y en a.
En Grèce, les nuages sont lourds à partir de 2013, échéance du prêt de sauvetage de 110 milliards accordé par les membres de la zone euro. Entre 2013 et 2015, la Grèce devra refinancer 211 milliards d’obligations. Une gageure !
Mais la Grèce compte un allié de poids, la Chine qui, contre de jolies compensations offertes par les autorités grecques exsangues, ont déjà acheté de la dette grecque et pourrait encore bien en acheter.
Les marchés, plus pragmatiques que les politiques, ont déjà intégré l’idée que la bonne question n’est pas « si la Grèce fera défaut » mais « quand la Grèce fera défaut ». D’après le prix des contrats CDS (credit default swap), qui assurent contre une défaillance de la Grèce dans le remboursement de sa dette, la Grèce présente près de 60% de risque de faire défaut.
Ces mêmes marchés anticipent déjà que les autorités grecques n’auront d’autre choix, in fine, que d’annoncer que la Grèce ne remboursera ses dettes qu’à hauteur de 50% de leur valeur nominale et ceci remboursable sur 10 ou 20 ans, à un taux fixe de 3%.
C’est ainsi que l’histoire finira et le pire est que les marchés, comme les politiques, le savent très bien. C’est tout juste si la Grèce réussit encore à payer les intérêts, alors rembourser la capital !
Pourquoi, dans ce cas, faire souffrir, pour rien, la population grecque qui doit accepter des réductions de revenu, des augmentations de charges fiscales avec, cerise sur le gâteau, moins de services publics alors qu’il est évident que la Grèce, par manque de croissance ne sera jamais capable de rembourser ?
Les autorités de la zone euro font tout pour éviter le défaut de la Grèce parce qu’aucun politique ne veut avoir à gérer le séisme que le défaut Grec génèrerait, les marchés mettant en doute immédiatement la dette de tous les autres Etats malades de la zone euro, avant les élections de 2012 qui ont lieu dans plusieurs grands pays européens. La deuxième raison est encore plus bassement matérielle, la dette grecque, comme toutes les dettes des autres Etats malades, est principalement détenue par les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension des autres Etats, dont certains mieux portant que les autres. Toutefois, si la Grèce et quelques autres Etats malades venaient à faire défaut, ce sont ces grands Etats mieux portant qui sombreraient immédiatement sous le poids du sauvetage de leurs banques, compagnies d’assurance et fonds de pension nationaux. La théorie des dominos n’est pas qu’une théorie, elle peut, elle va s’appliquer.
En conclusion, la fin de l’histoire est connue, comme la mort certaine du cancéreux en phase terminale. La seule question qui reste est de savoir quand cette fin va intervenir. Nos médecins politiques prennent bien soin du malade ce qui lui permettra de souffrir plus longtemps en attendant sa fin inéluctable.
Pauvres Grecs !
Roger Greden

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