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Les banques européennes solidement sur le fil du rasoir

Début 2010 furent organisés en Europe des ‘stress tests’ sur 91 banques européennes.
Ces ‘stress tests’ sont des simulations réalisées sur le bilan des banques pour estimer leur capacité à résister à des évènements susceptibles de les ébranler.
De tels tests avaient été réalisés sur les principales banques US en 2009, avec un succès qui a surpris nombre d’experts. Il est utile de préciser que la formule adoptée fut ‘l’autocontrôle ‘ !
Les autorités européennes ont décidé en 2010 d’imiter leurs homologues US pour rassurer les marchés sur la solidité de leurs banques.

Sur les 91 banques ainsi testées, 7 seulement n’ont pas réussi le test, 5 petites banques espagnoles, une grecque et une banque hypothécaire allemande.
Au vu de ces résultats, certains esprits chagrins ont crié à la mascarade et ont affirmé que des banques montreraient leurs faiblesses à moyen, long terme.
Ces esprits chagrins ont eu bien tort car ce n’est ni à moyen ni à long terme que des banques se sont fissurées mais seulement six mois plus tard que les principales banques irlandaises étaient déjà en déroute. Elles avaient toutes réussi le « stress test », c’est dire !

Les banques européennes vont-elles ‘subir’ un nouveau stress test, plus sévère, en 2011 ?
Certains en parlent mais le lobby des banques y est il favorable ?
Si oui, il aura lieu, si non nous n’en entendrons plus parler.

Il ne faut pas voir malice partout et il est bon de rappeler que les dirigeants de la zone EURO, aidés par les sauveteurs chinois, font tout pour éviter un défaut souverain. Ils ont créé des mécanismes de stabilité à cet effet.
Heureusement que ces protections existent car nos banques, qui ont engrangé des quantités de dettes des autres pays européens, et notamment des PIGS, risquent d’être très peu nombreuses à réussir un stress réel constitué par le défaut d’Etats surendettés.

Après un ouf de soulagement, permis grâce aux mesures mises en place par les autorités de la zone euro (voir notre article précédent), vient immédiatement une autre question : ces mesures qui sont suffisantes, si un petit Etat doit être soutenu à bout de bras, le sont elles toujours si demain ce sont les dettes de l’Espagne et de l’Italie qui sont conjointement mises en doute sur les marchés des prêteurs ?

Il serait aussi naïf de croire que nous n’entendrons plus parler des dettes grecque et irlandaise. Le problème a été repoussé et les habitants se sont résolus à des mesures d’austérité importantes mais la dette n’est pas remboursée, le déficit budgétaire est certes réduit mais pas transformé en bénéfice. Jusqu’où et jusqu’à quand ces populations vont elles rester résignées et sereines si le contrat social se réduit comme peau de chagrin ?
Un beau défaut aurait au moins soulagé la dette et amélioré le déficit budgétaire.
Au moins, il y aurait une lumière au fond du tunnel alors qu’ici ?

Un autre point d’inquiétude pour nos banques est l’état du marché immobilier qui a énormément monté ces dernières années au point que de nombreux jeunes (primo-accédants) sont dans l’incapacité d’acquérir un logement et ce malgré des taux historiquement bas, mais qui commencent à monter rapidement.

Lorsque le principal journal économique belge l’ECHO illustre récemment un article, sur la difficulté des jeunes d’acquérir un logement, par un graphique qui montre que le pouvoir d’achat d’un mètre carré de logement a diminué de moitié au cours de ces quinze dernières années, on est en droit de se demander qui vont bientôt être les futurs acheteurs des immeubles qui seront mis en vente.
Or si la hausse des taux se poursuit, les vendeurs vont être plus nombreux. Il s’agit de tous ceux qui ont contracté des emprunts hypothécaires à taux variable et que la charge d’intérêt va étrangler.

S’il y a plus de vendeurs et moins d’acheteurs, les prix ne peuvent que baisser et les banques se retrouver, comme leurs consœurs US (mais dans une bien moindre mesure) avec des immeubles en garantie dont la valeur marchande sera moindre que le montant du crédit.
Voilà un nouveau stress qui, si la baisse du marché immobilier n’est pas trop importante et s’il n’y a pas trop d’emprunteurs en défaut, pourra faire mal aux banques européennes, sans les mettre en péril vital. Notons que cette hypothèse est assortie de deux « si ».

Les banques européennes sont mieux loties que leurs consœurs US mais n’en sont pas moins sur le fil du rasoir si plusieurs évènements, décrits ci-dessus, intervenaient.

Notons que les institutionnels européens, banques, fonds de pension, compagnies d’assurance, détiennent la majeure partie des dettes des autres pays européens. Ainsi, les institutionnels français détiennent t-ils près de 50% de la dette extérieure italienne.
Que ce passerait-il si l’Italie était obligée de faire défaut ?
Il en est de même des banques allemandes et anglaises très exposées aux dettes irlandaises.
Cette situation est valable partout en Europe. Les institutionnels européens et les Etats sont tous, comme des alpinistes, attachés à la même corde de la confiance des marchés. Si elle se rompt nul n’échappera à la curée.

Supposons qu’un ou plusieurs Etats importants de la zone EURO fassent défaut par manque de possibilité pour les autres Etats de les sauver, on peut imaginer que le stress réel que cela provoquera mettra en péril vital de nombreuses banques dont les Etats d’origine n’auront d’autre solution que de les prendre sous leur giron si ces banques ne sont pas surdimentionnées par rapport à l’Etat protecteur.
Autrefois, on appelait cela une ‘nationalisation’ !

L’Allemagne, en 2009, a nationalisé totalement la banque HRE et partiellement la Commerzbank (2e banque du pays), victimes de stress réels, notamment liés à l’immobilier.
Si, c’est le pays qui a la plus forte croissance en Europe et qui est le plus à cheval sur les dogmes économiques et financiers qui nous montre la voie !

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